Interpellant : des résidus de pesticides dans les sols agricoles belges

      Commentaires fermés sur Interpellant : des résidus de pesticides dans les sols agricoles belges

Le déclin des pollinisateurs est une thématique largement médiatisée par le biais d’études scientifiques dans le monde entier. Une récente étude diffusée en janvier 2026 et réalisée en Belgique par l’UCLouvain et le CRA-W présente de nouveaux résultats.

Interpellant : des résidus de pesticides dans les sols agricoles belges

L’objectif de cette étude est d’améliorer la prévision de la teneur en néonicotinoïdes dans le sol ;

  • en quantifiant la distribution et la teneur en néonicotinoïdes de sept néonicotinoïdes dans les sols de différents types d’habitats afin d’identifier les endroits les plus susceptibles d’être contaminés ;
  • en évaluant la capacité de deux variables (historique des cultures et composition du paysage environnant) à prédire la présence et la teneur en néonicotinoïdes dans les sols.

Les résultats en quelques chiffres

Lors de cette étude, les chercheurs ont identifié 15 zones d’étude, situées dans les régions agricoles intensives de la Wallonie. Au sein de ces zones, 86 sites ont été choisis pour représenter la diversité agricole et pédologique de la Wallonie. Et près de 180 échantillons ont été prélevés, chaque échantillon étant un mélange de 6 sous-échantillons prélevés dans un rayon de un mètre.

78%

Au total, 67 sur 86 sites étudiés (78%) présentaient une concentration supérieure à la limite de détection pour au moins une des sept molécules néonicotinoïdes analysées (acétamipride, clothianidine, flupyradifurone, imidaclopride, sulfaxoflor, thiaclopride et thiaméthoxame).

La clothianidine et l’imidaclopride sont les substances les plus fréquemment détectées, avec 60% et 59% de présence sur les sites étudiés respectivement. Ces deux molécules ont été largement utilisées par le passé sur les cultures de betteraves sucrières mais étaient interdites au moment de l’échantillonnage. Ainsi, leur présence dans les échantillons est liée à leur persistance dans le sol.

33%

Certains sites (33%) présentaient une contamination aux néonicotinoïdes malgré l’absence d’antécédents de traitement enregistré sur les cultures entre 2015 et 2024.

➜ Ce chiffre illustre la nécessité d’approfondir les connaissances concernant la prédiction d’une potentielle contamination des sols par les néonicotinoïdes par l’intermédiaire de l’environnement, puisque les antécédents de culture ne suffisent pas à prédire la présence de ces molécules.

59%

Certains sites étudiés (59%) présentaient une contamination par ces molécules alors qu’ils abritaient des ressources attractives pour les pollinisateurs.

En conclusion

Les résultats de cette étude indiquent une dispersion des néonicotinoïdes au sein des sols agricoles wallons. Elle démontre que des résidus de néonicotinoïdes peuvent être détectés non seulement dans des sites théoriquement vierges de tous traitements enregistrés mais également dans des sites abritant des ressources attractives pour les pollinisateurs.

➜ Ces contaminations nous rappelle qu’il est essentiel de développer des méthodes d’évaluation et de prédiction des contaminations à travers le temps et à l’échelle du paysage, afin d’orienter efficacement les stratégies de conservation des paysages et des pollinisateurs.

Si la thématique vous intéresse, vous pouvez retrouver les deux études traitant le sujet :
l’étude décrite ci-dessus parlant des indicateurs de prédiction
une autre étude se concentre sur les risques liés à la contamination des ressources attractives pour les pollinisateurs.