Plantes ornementales: les faux amis

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Les jardineries mettent fréquemment en avant plantes et mélanges fleuris favorables aux pollinisateurs ou aux oiseaux. Ce qui n’est pas précisé aux acheteurs, c’est qu’elles sont très souvent traitées avec des pesticides à un stade ou à un autre de leur production. C’est un champ d’investigation encore largement méconnu. Quel profit et quel bénéfice ce type de plante représente-t-il vraiment pour les pollinisateurs ? Dans une étude récemment publiée, des chercheurs britanniques et italiens ont analysé les feuilles de 29 plantes « favorables aux pollinisateurs » et ont cherché 8 insecticides et 16 fongicides utilisés dans le cadre de la production des plantes ornementales.

Plantes analysées et pesticides retrouvés

Seules 2 plantes ne contenaient aucun pesticide et 23 en contenaient plus d’un et parfois un cocktail allant jusqu’à 10 pesticides différents. 70% des plantes analysées contenaient des néonicotinoïdes, 10% du chlorpyrifos, un pesticide organophosphoré, et 7% des pyrethrinoïdes.

Pesticides retrouvés fréquemment dans les feuilles (possibilité d’une intoxication par contact)

Quant au pollen, 18 plantes contenaient jusqu’à 13 pesticides. Les néonicotinoïdes (thiaméthoxam, clothianidine, imidaclopride) et les pesticides organophosphorés (chlorpyrifos) étaient présents dans le pollen à des concentrations comprises entre 6,9 et 81 ng / g c’est-à-dire à des doses susceptibles de causer des dommages aux abeilles sauvages ou mellifères, avec un possible impact au stade de développement larvaire.

Tableau comparant les concentrations de pesticides retrouvés dans les feuilles et dans le pollen des fleurs et la DL50 (dose létale médiane = indicateur quantitatif de la toxicité) pour les abeilles mellifères

 

D’autres études seraient bienvenues pour explorer l’impact des plantes ornementales sur les insectes pollinisateurs. Même s’il n’est pas comparable à celui des pratiques agricoles, il reste non négligeable. L’enveloppe marketing qui accompagne la vente de ce type de plantes relève par ailleurs du scandale commercial. On peut considérer que le consommateur qui achète ces plantes dans le but de faire un geste positif pour la nature est trompé sur la marchandise. Nous ne pouvons que souhaiter que se développent une production véritablement éthique et une offre plus large de pépinières et jardineries écologiques.

 

Références: Lentola, A., David, A., Abdul-Sada, A., Tapparo, A., Goulson, D., & Hill, E. M. (2017). Ornamental plants on sale to the public are a significant source of pesticide residues with implications for the health of pollinating insects. Environmental Pollution, 228, 297-304.

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