Les abeilles ont-elles trop chaud?

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On parle beaucoup de l’impact de la chaleur sur les organismes en ce début d’été très chaud. La question se pose aussi pour les colonies d’abeilles. On connaît désormais très bien l’importance pour la colonie d’assurer un “climat” équilibré à l’intérieur de la ruche. Cela passe essentiellement par le maintien de deux paramètres: le taux d’humidité relative et la température pour assurer survie et bon développement du couvain et la capacité de reproduction de la colonie. Pour rappel, la température doit être en permanence maintenue à 34-35°C et l’humidité relative entre 50 et 70%. 

La thermorégulation dans une colonie d’abeilles – Abeilles&Cie n°179 – CARI

L’emplacement du rucher est déterminant et peut donner un sérieux coup de pouce aux abeilles pour le maintien de cette harmonie nécessaire. Même si on voit désormais des ruches sur les toits, mieux vaut les protéger en leur permettant d’être à l’ombre. N’oublions pas que la température de fusion de la cire d’abeille est entre 62 et 65°! Or, en plein été, un toit en bitume peut atteindre entre 60 et 88° et un toit recouvert de gravier entre 50 et 60°. On sait aujourd’hui que peindre le toit en blanc permet de réfléchir jusqu’à 81% des rayons solaires et donc de réduire fortement la température en réduisant la capacité de la surface à emmagasiner la chaleur. Une idée à garder en tête au moment de peindre la ruche… L’idéal à bien des égards reste le toit végétalisé qui réduit l’impact de la chaleur à 30°. En dehors du contexte urbain, à l’abri d’une haie, sous un couvert d’arbres à feuilles caduques ou sous abri correctement aménagé, les ruches se portent beaucoup mieux par temps chaud. 

L’eau est toujours indispensable aux colonies! Elle l’est encore plus en cas de coup de chaleur. Veillez à ce qu’une mare, une source ou un point d’eau artificiel soit à proximité du rucher. Les porteuses d’eau s’y rendront à volonté en évitant les allers-retours trop longs et rapporteront à la ruche de quoi maintenir l’humidité relative sans trop de coûts énergétiques. 

Porteuses d’eau – Photo: A.Fayet

En période de fortes chaleurs, les abeilles adoptent certains comportements comme la ventilation devant l’entrée de la ruche et un regroupement d’ouvrières pour “faire la barbe” selon le jargon apicole bien connu. Cela signifie que la colonie est populeuse et qu’une partie des abeilles se déplace à l’extérieur de la colonie pour permettre une bonne régulation de la température à l’intérieur. Les ouvrières ventilent à l’entrée de la ruche pour assurer une bonne circulation de l’air. Par ailleurs, lorsque la température à l’intérieur de la ruche atteint 36°, les ouvrières commencent à créer un bouclier thermique en se plaçant sur les parois chaudes à l’intérieur de la ruche. Une isolation à la carte en quelque sorte. Quant à elles, les porteuses d’eau déposent des goutelettes sur les parois des cellules du couvain. La circulation de l’air dans la ruche est une problématique capitale pour aider les abeilles à ventiler. De nombreux apiculteurs ont déjà pris la peine d’y réfléchir. 

La barbe – Photo A. Fayet

Les épisodes de chaleur jouent aussi un rôle au niveau des ressources alimentaires. La production de nectar est directement impactée par la température. Si on prend l’exemple du tilleul, sa production de nectar est favorisée par des nuits fraîches. Cela signifie qu’en cas de canicule, plus de nectar dans les fleurs de tilleul ! Et il faut prendre en compte d’autres paramètres comme les températures diurnes et l’hygrométrie du sol et de l’air. Tout ceci varie fortement en fonction des espèces végétales et de la situation géographique. S’il est difficile de faire des généralités, on peut quand même dire que par temps chaud et très sec, il y a peu de récolte. Il suffit de voir la une des journaux actuellement pour constater que l’année 2019, sauf exceptions, ne sera pas une excellente année de production de miel. 

Références