Projet SELAPIS

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Une présentation du projet SELAPIS a été proposée aux apiculteurs le 18 décembre. C’est Grégoire Noël (doctorant) qui a présenté les principaux résultats de ce projet de recherche qui a occupé le Laboratoire d’Entomologie fonctionnelle et évolutive et le Laboratoire de génétique, génomique et modélisation numériques de l’Université de Gembloux Agro-Bio Tech, (Université de Liège)  depuis 2012.

La recherche est structurée en 2 volets:

  1. La sélection de souches résistantes à l’acarien Varroa destructor.
  2. L’évaluation de la diversité génétique des abeilles domestiques (Apis mellifera L.) en Wallonie.

Le but initial du projet était d’étudier la diversité des abeilles mellifères en Wallonie afin de pouvoir évaluer leur potentiel de résistance face au varroa et sélectionner dans cette diversité pour lutter contre le parasite. Gil Leclercq, qui a travaillé 5 ans sur le projet, en a réorienté les objectifs, les objectifs initiaux étant hors d’atteinte dans la limite de temps et avec les moyens mis en œuvre. Les nouveaux objectifs portent sur la méthodologie et plus particulièrement la manière de pouvoir évaluer la résistance des colonies face au varroa. Après un travail bibliographique et des observations de terrain, Gil Leclercq a formulé l’hypothèse que le trait de caractère le plus intéressant dans ce contexte est le comportement hygiénique des abeilles mellifères. Il a également mis en place une nouvelle méthodologie pour évaluer la diversité génétique des abeilles mellifères à l’échelle régionale.

1- Abeilles et varroas

Il n’est pas ici question d’abeilles résistantes au varroa mais simplement de l’intérêt de la méthode du couvain congelé dont la performance a été testée par le chercheur sur des colonies d’abeilles non sélectionnées (3×10 colonies réparties sur 2 sites différents). Dans le cadre de ces tests, ont été envisagées les trois hypothèses suivantes:

  1. Plus les abeilles sont hygiéniques moins il y a de varroas en phase phorétique ou reproductive dans la colonie.
  2. Le partage de varroas en phase phorétique est plus élevé.
  3. Le succès reproductif des varroas est amoindri.

Résultats:

Il n’y a aucune corrélation entre le test du couvain congelé et le taux d’infestation que ce soit en phase phorétique ou reproductive. Il y a un semblant de significativité statistique entre le partage des varroas en phase phorétique et le test du couvain congelé qui est annulé après suppression des données extrêmes (outliers). Il n’y a aucune significativité statistique du point de vue du succès reproductif.

Le chercheur conclut que, dans des colonies non sélectionnées, le test du couvain congelé n’est pas une méthode fiable pour mesurer le caractère hygiénique de l’abeille mellifère.Il peut par contre être utilisé pour mesurer d’autres pathogènes (loque américaine et ascosphérose).

2 – Diversité génétique en Wallonie

Grégoire Noël a rappelé les principales raisons de l’hybridation des lignées et sous-espèces d’abeilles mellifères:

  1. Les importations d’abeilles;
  2. L’élevage et la sélection;
  3. Le déclin et le développement de populations sauvages;
  4. Les facteurs socio-politiques et économiques et les facteurs culturels dans certains pays.

Un monitoring apicole belge a été réalisé sur base d’un questionnaire envoyé aux apiculteurs dans lequel ceux-ci devaient évaluer les abeilles qu’ils élevaient: phénotypes, sous-espèces ou race des colonies. A l’issue de ce monitoring, il a été estimé un pourcentage de 20% de populations hybrides (abeilles noires, Buckfast et sous-espèce carnica).

Le projet SELAPIS s’est basé sur des échantillons d’abeilles mellifères soumis à une analyse génétique.

1° campagne d’échantillonnage (40 sites en Wallonie et 95 échantillons prélevés)

L’extraction de l’ADN a été réalisé en collaboration avec la Cornell University. Le choix a porté sur une méthode de séquençage pas trop chère permettant de faire énormément d’analyses à partir d’un jeu de données pour générer beaucoup de SNP ( single nucleotide polymorphisme) c’est-à-dire des variations mineures du génome au sein d’une population. 5960 SNP ont été générés. Les résultats ont été comparés avec un jeu de données mondial provenant d’autres méthodes de séquençage (plus chères).

Résultats:

Les colonies wallonnes sont fortement hybridées entre les 4 lignées représentées à l’échelle mondiale. La majeure partie de l’hybridation proviendrait de la  lignées noire et de la lignée carnica (sous-espèces carnica et ligustica) avec des génotypes provenant d’abeilles orientales et africaines à de très faibles proportions.

2° campagne d’échantillonnage (94 sites en Wallonie et 214 échantillons prélevés)

La même technique de séquençage a été appliquée pour évaler de manière plus large le jeu de données. Le traitement a toutefois été différent. Une collaboration avec le GIGA de Liège a permis des analyse bio-informatiques plus fines. Selon cette re-classification, une même tendance se dégage avec une forte hybridation des abeilles en provenance de la lignée noire et carnica.

Toutes les proportions de génotypes obtenus ont été reportés sur une carte de Wallonie. Quant à la race Buckfast, largement élevée dans certaines régions de Wallonie, il s’agit d’une combinaison de plusieurs génotypes.

Un rapport technique  individuel sera envoyé aux apiculteurs ayant participé aux échantillonnages. Un rapport général sera disponible sur le site SELAPIS.

Publications de Gil Leclercq

Leclercq, G. (2017). Phenotyping hygienic behavior and studying diversity in honey bees (Apis mellifera L.): methodological issues and solutions (Doctoral dissertation, Université de Liège,​ Liège,​​ Belgique).

Leclercq, G., Pannebakker, B., Gengler, N., Nguyen, B. K., & Francis, F. (2017). Drawbacks and benefits of hygienic behavior in honey bees (Apis mellifera L.): a review. Journal of Apicultural Research, 56(4), 366-375.

 

 

 

 

 

 

 

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