L’urbanisation augmente l’impact des agents pathogènes sur les abeilles

CC BY-SA 4.0 - Shawn.caza

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Des chercheurs américains, intéressés par les facteurs de transmission des agents pathogènes dans les colonies d’abeilles, ont constaté que les colonies proches des centres urbains semblent plus fortement sujettes aux maladies que les colonies situées dans les zones rurales. Selon cette étude, il y aurait plus de virus et de bactéries présents dans les colonies et ils se propageraient plus facilement.

Les effets de l’urbanisation combinés à l’impact de la gestion apicole auraient un effet  sur la survie des colonies. Selon l’étude, les colonies gérées par des apiculteurs ont plus de chance d’être soumises aux pathogènes que les abeilles livrées à elles-mêmes. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont mesuré l’expression de 4 gènes immunitaires
et l’abondance relative de 10 agents pathogènes (deux champignons, une bactérie et sept virus). L’intensité de Nosema ceranae et du Black Queen Cell Virus (qui provoque la mort des larves de reines avec noircissement des cellules) augmente avec l’urbanisation. Nosema apis et Nosema ceranae sont plus abondants dans les colonies gérées par des apiculteurs que dans les colonies férales.

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Les résultats de l’étude montrent également que l’urbanisation modifie l’écologie des maladies des abeilles mellifères conduites ou pas par des apiculteurs en augmentant la pression des agents pathogènes sur les colonies. Il semble que la situation en milieu urbain renforce les phénomènes de transmission de la maladie, sa virulence et sa persistance. Cela peut s’expliquer par le fait que les environnements urbains sont de 1 à 3° plus chauds que les environnements ruraux. L’exposition au froid des spores de Nosema ceranae est donc moins efficace. Par ailleurs, les interactions entre les abeilles et  les différentes colonies sont modifiées en zone urbaine. Les colonies sont plus en contact qu’à la campagne et partagent plus intensément les ressources. Ceci pourrait avoir un impact sur la propagation des virus comme le BQCV. Enfin, il apparaît également dans l’étude que le virus des ailes déformées impacte plus nettement les colonies gérées par des apiculteurs que les colonies qui ne le sont pas, suggérant que la gestion apicole pourrait avoir une influence sur la diffusion de la maladie. Les bonnes pratiques apicoles ont plus que jamais leur importance dans un tel contexte.

Référence: Urbanization Increases Pathogen Pressure on Feral and Managed Honey Bees

Youngsteadt E, Appler RH, López-Uribe MM, Tarpy DR, Frank SD (2015) Urbanization Increases Pathogen Pressure on Feral and Managed Honey Bees. PLoS ONE 10(11): e0142031. doi: 10.1371/journal.pone.0142031

 

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