Attention aux pollinisateurs!

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 fir0002 | flagstaffotos.com.au

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La Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a publié sa première évaluation sur les pollinisateurs, la pollinisation et la production alimentaire. Une baisse des populations de pollinisateurs est à déplorer du fait de diverses pressions, principalement d’origine humaine. Citons l’agriculture industrialisée, l’utilisation intensive de pesticides, les pollutions, les agents pathogènes et les changements climatiques. Les insecticides néonicotinoïdes menacent les pollinisateurs dans le monde entier. De nombreuses espèces sont concernées : 20000 espèces d’abeilles, des mouches, des papillons, des guêpes, des coléoptères, des oiseaux, des chauves-souris etc. 16% des pollinisateurs vertébrés sont menacés d’extinction à l’échelle mondiale tandis que plus de 40% des espèces d’invertébrées sont menacées localement.

L’approvisionnement alimentaire mondial et l’économie agricole sont impactés par cette perte de biodiversité. Il est urgent d’inverser la tendance et de stabiliser les différentes populations de pollinisateurs. L’inaction dans ce domaine aurait des conséquences critiques selon les experts de l’IPBES. Plus de trois quarts des cultures vivrières du monde comptent au moins en partie sur la pollinisation par les insectes et autres animaux. Alors que leur existence est inestimable, les économistes on estimé leur contribution directe à la production alimentaire mondiale annuelle à une valeur allant entre 235 et 577 milliards $. En plus des cultures vivrières, les pollinisateurs contribuent aux cultures qui fournissent des biocarburants, des fibres pour l’industrie textile, des médicaments, du fourrage pour les animaux d’élevage et des matériaux de construction.

Attention, certaines biotechnologies comme les OGM, présentés par certains comme une solution pour éviter un usage trop important des pesticides et herbicides, ne doit pas constituer une part de la solution : leurs effets directs et indirects sur les pollinisateurs ne sont pas connus. Ils ne sont généralement pas pris en compte dans les analyses de risques.

  • Des conseils ont été donnés par les experts de l’IPBES. Citons :
  • Le maintien ou la création d’une plus grande diversité des habitats dans les environnements agricoles et urbains;
  • Le soutien des pratiques traditionnelles (micro-répartition de l’habitat, rotation des cultures, prise en compte des connaissances locales indigènes);
  • L’éducation et l’échange de connaissances entre les agriculteurs, les scientifiques, l’industrie, les collectivités locales et le grand public;
  • La réduction de l’utilisation des pesticides ;
  • Un meilleur contrôle des pathogènes des abeilles mellifères et des échanges commerciaux les concernant.

Certains résultats ont été pointés par les experts de l’IPBES :

  • Une cohabitation entre pollinisateurs sauvages et espèces d’élevage contribue à une bonne pollinisation et à un meilleur rendement des cultures.
  • Apis mellifera est le pollinisateur le plus répandu dans le monde, produisant environ 1,6 million de tonnes de miel par an.
  • Le nombre de ruches a augmenté au niveau mondial au cours des 50 dernières années, mais une diminution a eu lieu dans de nombreux pays en Europe et Amérique du Nord.
  • Le changement climatique a entraîné des changements dans la distribution de nombreux bourdons et papillons pollinisateurs avec un impact sur les plantes qui en dépendent.

L’évaluation de l’IPBES a été établie par une équipe de 77 experts mondiaux. L’évaluation cite environ 3000 articles scientifiques et comprend des informations sur les pratiques fondées sur les connaissances autochtones et locales de plus de 60 pays à l’échelle mondiale.

Un catalogue des évaluations de la biodiversité et des services écosystémiques est disponible sur le site de l’IPBES.

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