Apiculteurs-agriculteurs réunis pour la protection des abeilles

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Le 15 novembre 2017, la FWA (Fédération wallonne de l’agriculture) et le CARI ont organisé une rencontre apiculteurs-agriculteurs autour de la question des légumineuses et des protéagineux. Cette journée d’information gratuite était une occasion de se rencontrer et d’apprendre les uns des autres. 15 agriculteurs, 17 apiculteurs et 3 apiculteurs-agriculteurs ont répondu présents. Certains venaient de bien plus loin que la région de Soignies où la Ferme des Nauves accueillait la demi-journée. Les agriculteurs présents ont exprimé beaucoup de curiosité à propos des besoins des abeilles et de l’origine botanique du miel. Les apiculteurs ont sans doute découvert un univers agricole bien plus nuancé que ce que l’on imagine a priori.

Bernard Decock, coordinateur de la Cellule environnement  de la FWA, a introduit la matinée en rappelant les enjeux communs aux apiculteurs et aux agriculteurs et l’importance de ce type de rencontre entre deux mondes qui ne se connaissent pas très bien mais qui sont inter-dépendants. Les contraintes des uns sont souvent ignorées des autres et vice versa. Bernard Decock fait un résumé de l’encadrement dont bénéficie les agriculteurs aujourd’hui dans le cadre de bonnes pratiques agricoles:

  • Les produits pulvérisés dans les champs ont reçu un agrément de la part des services publics;
  • Le pulvérisateur est contrôlé tous les 3 ans;
  • Il sort 2 fois sur 10 pour pulvériser de l’engrais liquide;
  • Un diagnostic de la situation est fait en amont (place de la culture dans la rotation, choix des variétés, dates de semis, densité et profondeur des semis, etc.);
  • La météo est consultée avant toute pulvérisation;
  • Chaque pulvérisation est consignée dans un carnet de champ et dans le local phyto;
  • Les Centres pilotes émettent des avertissements et produisent des conseils qui sont bien suivis: 70% des exploitations agricoles sont certifiées VegaPlan;
  • Depuis novembre 2015, les agriculteurs entrent dans un système de formation continue pour l’obtention de la phytolicence.

Présentation de Bernard Decock

Etienne Bruneau du CARI a présenté les menaces environnementales pour les abeilles et les bourdons et l’intérêt des cultures de légumineuses.

Présentation de Etienne Bruneau

Guillaume Meniger de Fourages Mieux a évoqué les aspects phytotechniques et économiques des légumineuses. Il a présenté la part prise par les légumineuses dans les prairies temporaires et permanentes en Région wallonne. Il a rappelé que la prairie est à la base de la production animale. Bien gérée, elle permet d’améliorer la performance économique d’une exploitation agricole. Du point de vue environnemental, les prairies ont un impact positif sur le paysage, sur le ruissellement, sur la biodiversité et sur le réchauffement climatique. En Région wallonne, les prairies occupent une place prépondérante au niveau des surfaces agricoles avec 308.000 hectares de prairies permanentes et 36.000 hectares de prairies temporaires (2016) c’est-à-dire plus de 40% de la surface agricole utile (S.A.U.). Une bonne prairie, du point de vue du semis, correspond à 75% de graminées dont 50% de bonnes graminées (ray-grass anglais, fétuque des prés,  féverole, dactyle), 10 à 20% de légumineuses et15% d’autres dycotylées (pissenlit par ex.). Les légumineuses en prairie fourragère ont quelques avantages et quelques inconvénients:

Avantages Inconvénients
Fixent l’azote atmosphérique Risque de météorisation (pas toutes les variétés)
Riches en protéines et minéraux (potasse, calcium) Gestion des adventices
Valeur alimentaire plus stable dans le temps que les graminées Pertes de feuilles au fanage
Bonne production estivale Coût de semence plus élevé

Les trois principales légumineuses en prairie sont le trèfle blanc, le trèfle violet et la luzerne.  D’autres sont utilisées en SIE ou intercultures fourragères: trèfle incarnat, trèfle d’Alexandrie, trèfle de Perse (très intéressant pour les pollinisateurs). Quelques autres espèces secondaires se rencontrent également en prairie selon les spécificités du sol: trèfle hybride, lotier corniculé et sainfoin. Des légumineuses sont également utilisées en couverts de prairie hivernaux (pour protéger des gelées tardives en Ardennes par exemple) : pois protéagineux et pois fourrager.

Présentation de Guillaume Meniger

Christine Cartrysse de l’Association pour la promotion des protéagineux et des oléagineux (APPO) a rappelé les bonnes pratiques agricoles liées à la protection des pollinisateurs. Elle a présenté les grandes cultures mellifères comme le colza. Certaines ne sont pas attractives pour les pollinisateurs dans le sens où elles ne produisent ni pollen ni nectar (céréales, betteraves, pommes de terre, chicorée, ray grass, chanvre, miscanthus, houblon) et d’autres sont  visitées par les pollinisateurs comme les oléagineux (colza, lin, tournesol), les légumineuses (pois, féverole, lupin, trèfle, luzerne), le maïs et les intercultures (moutarde, phacélie, sarrasin). Les grandes cultures mellifères représentent moins de 5% des 350.000 hectares de surfaces cultivées en Région Wallonne:

  • colza : environ 10.000 hectares;
  • légumineuses : 3.000 hectares (moins de 1% des surfaces cultivées en Région Wallonne);
  • légumineuses fourragères: 2.500 hectares (estimation ).

Christine Cartrysse a rappelé l’importance des pollinisateurs (bourdons, abeilles sauvages et abeilles mellifères) pour le rendement de la production de colza. Elle a évoqué l’intérêt des cultures de légumineuses pour les insectes pollinisateurs et les auxiliaires des cultures (refuge), utiles dans l’optique d’une réduction des produits phytosanitaires dans les cultures. L’APPO met en contact les agriculteurs producteurs de colza et des apiculteurs intéressés par la transhumance sur colza. Christine Cartrysse évoque les raisons pour lesquelles les agriculteurs sont amenés à utiliser les produits phytosanitaires sur les champs de colza en fleurs. Il existe deux types d’attaques:

L’emploi d’insecticides et de produits phytosanitaires est cependant réduit au strict nécessaire. Depuis 2014, il n’existe plus de graines enrobées aux néonicotinoïdes sur le colza en Région Wallonne. Des bonnes pratiques sont recommandées et largement appliquées: pulvérisation en dehors des heures de burinage, traitement uniquement si nécessaire. Un réseau d’observateurs (CePiCOP-APPO) aide les agriculteurs à repérer rapidement la présence des insectes nuisibles. Une solution supplémentaire pourrait être un pulvérisateur appelé DROPLEG Jets (d’origine allemande) qui permet de passer dans les cultures en fleurs avec des jets qui protègent les fleurs et donc le pollen et le nectar. L’appareil, qui a obtenu un prix en 2017 pour la protection des abeilles, est encore ignoré en Belgique. L’APPO va tester le matériel avec des agriculteurs volontaires.

Christine Cartrysse termine son exposé en rappelant les conseils pratiques délivrés par José Artus (apiculteur et fils d’agriculteur) lors d’une journée d’information de l’APPO:

  • Les pulvérisations sont un mal nécessaire mais il faut faire attention aux eaux stagnantes. Une colonie d’abeilles a besoin de 50 à 60 litres d’eau/an et viendra s’abreuver dans les flaques.
  • Il ne faut pas pulvériser sur les abeilles (le faire en dehors des heures de butinage).
  • Lorsque le maïs est fleuri, éviter de pulvériser entre 8 et 9h du matin, à la rosée (gouttes d’eau à la pointe des feuilles – phénomène de guttation).

Présentation de Christine Cartrysse

La matinée s’est achevée avec le témoignage inspirant et passionné de Yvan Hennion, apiculteur-agriculteur professionnel à Halluin dans la région Hauts de France et membre de la Commission Apiculture de la FNSEA. Il était accompagné de sa fille Justine, engagée auprès de son père dans l’élevage et la production d’essaims. Voici un court extrait de son intervention:

Présentation de Yvan Hennion

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