Gargamel contre les ravageurs

Les bandes fleuries ne doivent pas être de simples soulignements esthétiques des paysages agricoles. Elles peuvent être beaucoup plus et beaucoup mieux. C’est ce que propose le projet Gargamel qui n’a rien à voir avec le personnage éponyme des Schtroumpfs mais est l’acronyme de « Gestion agroécologique des ravageurs de grandes cultures à l’aide de mélanges floraux. » L’objectif est vertueux : c’est celui permettre, via les bandes fleuries, de réguler les populations de ravageurs dans les zones de grandes cultures. Il s’agit d’établir une cohérence entre les obligations de la PAC (mesures agro-environnementales) et la réduction des pesticides. La composition botanique des mélanges pour bandes fleuries peut en effet favoriser la régulation naturelle des ravageurs de grandes cultures. Il s’agit de déterminer quels mélanges fleuris peuvent être adaptés à tels ou tels systèmes de culture dans certains contextes paysagers. L’INRA teste donc et veut formaliser ce que les agriculteurs favorables à l’agroécologie pratiquent depuis longtemps. Même si cela semble relever de l’évidence, cela reste très positif.

gargamel

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Le groupe de recherche autour de Antoine Gardarin, responsable scientifique du projet, regroupe des agronomes, des écologues et des pathologistes. Les deux premières années d’expérimentation ont porté sur 13 hectares de cultures de poix et d’orge de printemps. Un accroissement des populations d’insectes auxiliaires (syrphes, carabes, staphylins, etc.) a permis d’enregistrer entre 30 et 60% de pucerons et de criocères en moins. Un bon début. Il reste à établir un réseau de partenaires, à élaborer les protocoles et à caractériser les typologies des ravageurs et les régulations biologiques possibles via les mélanges de semis avant de pouvoir délivrer des conseils techniques aux agriculteurs. La gestion agroécologique des ravageurs de grandes cultures grâce à des mélanges floraux n’a rien de révolutionnaire si ce n’est peut-être l’application d’un système bien connu au contexte des grandes cultures. Un pas psychologique est fait de l’agrochimie à l’agroécologie.

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